La carte de séjour « retraité » a été instituée par la loi du 11 mai 1998 dans l’article L.317-1 du code des étrangers (Ceseda) ainsi que par l’article 7 ter de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Elle est destinée aux étrangers ayant résidé en France sous couvert d’une carte de résident ou d’un certificat de résidence algérien de 10 ans, titulaires d’une pension de vieillesse liquidée auprès d’un régime de base français et enfin ayant établi leur résidence ou décidant de l’établir hors de France.

En des termes simples, il s’agit d’un titre de séjour pouvant être sollicité auprès du consulat du pays d’origine du demandeur retraité, qui réside déjà hors de France et qui était titulaire d’une carte de résident ou d’un certificat de résidence de 10 ans lorsqu’il vivait et travaillait en France.

  • Les conditions d’accès à la carte de séjour retraité

Avoir été en possession d’une carte de résident (ancienne carte de résident ordinaire de 3 ans ou privilégié de 10 ans, actuelle  carte de résidence ou carte de résident de longue durée-UE)

La condition « avoir résidé sous couvert d’un titre de séjour de 10 ans » ne signifie pas avoir résidé en France pendant 10 ans ou avoir eu des titres de séjour dont le cumul ferait 10 ans, l’étranger n’ayant jamais eu en France un titre de séjour de 10 ans, mais que l’addition des titres de séjour dont il était bénéficiaire faisait 10 ans n’ouvre pas le droit. Ne sont donc concernés que les seuls titulaires d’un titre de séjour de 10 ans, quel que soit la durée de résidence en France du demandeur. (En plus des autres conditions bien sûr)

Il faut souligner que c’est la question qui soulève le plus de contentieux. D’abord parce que la disposition n’est pas bien comprise, ensuite pour la difficulté de savoir quelle carte l’on avait possédé, la récupération d’une copie auprès de la préfecture dans le cas ou le demandeur ne dispose pas de copie.

  • Être retraité de la caisse française.

La seconde condition permettant l’obtention de ce titre est l’ouverture des droits à la pension contributive de vieillesse, « une retraite »qui peut être de droit propre ou dérivé, c’est-à-dire de réversion (retraité ayant droit d’un conjoint décidé), ayant vécu régulièrement avec lui en France. La loi n’exige aucun montant minimum pour bénéficier de cette carte, l’essentiel étant d’avoir des droits ouverts auprès d’un régime français.

  • Avoir établi ou vouloir établir sa résidence hors de France.

La carte de séjour « retraité » s’adresse en principe à des personnes ayant quitté la France après avoir travaillé et vécu sous couvert d’une carte de résident ou d’un certificat de résidence algérien de 10 ans. Celui-ci peut avoir été restitué, non renouvelé ou périmé. Des années plus tard l’étranger recouvre son droit, après avoir demandé sa retraite, de revenir en France sans demander un visa d’entrée et y vivre pendant une durée ne dépassant pas un an.

La loi ayant institué cette carte vise aussi l’étranger retraité vivant en France sous couvert d’une carte de résident classique et désirant établir sa résidence hors de France. Il peut donc modifier sa carte de résident par celle de « retraité ».

Il s’agit d’un point méritant un court éclaircissement puisque les conséquences d’un tel choix sont importantes.

En effet, l’unique intérêt à changer sa carte de résident par la carte de séjour « retraité» se trouve dans le fait que cette dernière ne se périme pas, même en cas d’absence du territoire français pendant une période de 3 ans (ou 6 ans pour les titulaires d’une écarte de résident UE). Rappelant que la carte de résident est automatiquement périmée si son titulaire s’absente pendant 3 ans sans demander a priori ou a posteriori la possibilité d’un dépassement à la préfecture ou au consulat. Ce qui n’est pas le cas de la carte de séjour retraité qui porte l’adresse du pays d’origine de l’étranger.

La règle de péremption de la carte classique n’est pas vraiment très restrictive, puisque il suffit d’entrer en France au moins pour une journée dans 3 années ou pendant 6 ans pour les cartes résident longue durée-UE. C’est pourquoi, il ne serait peut être pas judicieux de l’abandonner au profit d’une carte qui ne permet pas l’accès à presque aucun droit social (à l’exception des algériens qui ont certains droits même avec la carte retraité).

Les caractéristiques de la carte de séjour retraité. 

N’étant pas comme les autres titres de séjour, la carte de séjour « retraité » a certaines spécificités qui lui sont propres. On peut même la considérer (hors le certificat de résidence retraité pour algérien) comme un visa de 10 ans, permettant des séjours ne dépassant pas une année sur le sol français (quitter le territoire français une fois par an).

  •  La carte de séjour retraité porte l’adresse du pays du demandeur.

Il s’agit en effet du premier élément à souligner, l’adresse qui figure sur le verso de la carte de séjour retraité est, contrairement, aux autres cartes de séjour ou certificats de résidence, celle du pays dans lequel l’étranger s’est établit ou décide d’y établir sa résidence (hors de France).

  • La carte de résident « retraité » ne permet pas l’accès aux droits sociaux

La logique de cette carte veut que l’étranger bénéficiaire se soit déjà installé ailleurs ou décide de s’y installer. Dans ce cas, on imagine mal la création d’une carte permettant l’accès aux droits sociaux, encourageant ainsi ceux qui avaient quitté la France d’y revenir pour en bénéficier. C’est peut-être même l’effet contraire puisque ces personnes souvent titulaires de pensions très modestes les dépensent au cours de leurs voyages en France.

Cette logique ne s’applique pas aux ressortissants algériens puisque contrairement aux autres ressortissants ils peuvent toujours en bénéficier quelques soient leurs certificats de résidence (accord bilatéraux). Il s’agit d’un droit récemment reconnu et qui reste méconnu de la majeure partie des anciens immigrés dit « Chibanis ». Nous revendrons sur ce point dans une prochaine contribution.

  • La carte de séjour « retraité » permet des séjours de moins d’un 1 an
  • La carte de séjour retraité ne se périme pas en cas d’absence
  • La carte de séjour retraité ne permet pas l’exercice d’une activité professionnelle.
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